Lettre envoyée le 23 octobre au Préfet et au maire de Caen par l’assemblée locale des Etats Généraux des Migrations

Les Etats Généraux des Migrations                                CAEN le 23 octobre 2019

de Caen

 

à

 

 

Monsieur le Préfet du Calvados,

Monsieur le Maire de Caen.

 

 

Monsieur le Préfet,

 

 

Les Etats Généraux des Migrations, qui depuis 2017 dénoncent l’inacceptable, dénoncent l’expulsion du squat du Marais. Elle remet à la rue et donc en danger plus de 200 personnes exilées dont une soixantaine d’enfants, sans aucune solution de relogement pérenne. En procédant à cette expulsion un nombre très important de personnes, particulièrement vulnérables, vont se retrouver exposées aux mauvais traitements et à l’exploitation. A Caen aujourd’hui ce sont ainsi plus de 600 exilés, hommes, femmes, enfants de tous âges, qui ont trouvé un toit grâce à la solidarité et à la fraternité.  C’est pourtant bien aux pouvoirs publics qu’il revient de faire respecter leurs droits fondamentaux, comme d’autres « territoires » (ville, département) le font.

 

Le Marais était un lieu d’hospitalité exemplaire, dans lequel se sont exprimées la solidarité et la citoyenneté des habitants du territoire : suivi de la scolarisation des enfants, actions de prévention et d’accès aux soins, projections de films, concerts, activités sportives, cours de français, création d’une boulangerie, jardin et boutique solidaires ou encore activité de couture.

 

Sur les seize mois de son existence, nous estimons à un millier le nombre de personnes qui ont transité au Marais. Parce qu’elles ont pu s’y poser, parfois au sortir de l’horreur, se rassurer, créer du lien, inventer une vie commune et retrouver une dignité, ce lieu a été le moyen de reconstruire des parcours.  Certaines, demandeuses d’asile, ont pu faire valoir leurs droits, d’autres ont pu réenclencher des procédures administratives. Mais les habitantes et habitants privés de leurs droits se retrouvent à nouveau à la rue, contraints de quitter un site salubre que ne concerne aucun projet immobilier.

 

Alors que des collectivités et des pouvoirs publics dans d’autres villes s’attachent à mettre en œuvre des solutions d’hébergement pérennes et dignes autour de l’utilisation des bâtiments inoccupés- qu’ils ont notamment pouvoir de réquisitionner- nous déplorons que la Préfecture du Calvados et la ville de Caen offrent comme réponse à ceux qu’ils ont le devoir de protéger une politique de « résorption des squats » dont l’expulsion du Marais résume l’inhumanité.

 

Par cette lettre nous exigeons la mise en place d’une politique d’accueil et d’hébergement. Celle-ci doit utiliser le millier de places estimées potentiellement utilisables en bâtiments publics (étatiques et municipaux) pour permettre à ces personnes présentes et à venir de bénéficier de leurs droits fondamentaux. Ceux-ci sont reconnus tant dans la Constitution Française que dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dont la France reste signataire depuis 1948 au sortir de l’expérience mondiale d’une barbarie.

Puisse l’histoire servir de leçon.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression, l’expression de nos salutations.

 

 

L’Assemblée de Caen des Etats Généraux des Migrations : Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions, ASTI 14, CAMO, CCFD- Terres Solidaires, Citim , Démosthène, Des Lits Solidaires, Emmaus, La Cimade, LDH, Médecins du Monde, Rassemblement Humain, Tadamun

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