Après l’expulsion du squat de la Guérinière du 24/10/2018 (7 jours avant la trêve hivernale !!)

Nous publions ici le communiqué de presse rédigé par Patrick, militant à l’ASTI et à l’AG de lutte contre toutes les expulsions :
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Une centaine de policiers dont des CRS expulsent 45 personnes du squat de la Guérinière.
Je suis indigné par cette expulsion et les propos tenus par les uns et les autres.
Je suis indigné par l’attitude de la préfecture qui utilise des moyens disproportionnés pour expulser ce squat (une centaine de CRS et de policiers) où vivaient des familles avec enfants qui n’ont opposé aucune résistance, si ce n’est que de disposer quelques poubelles sur le parcours des policiers. Quand la représentante de l’État ose parler de barricade cela pourrait porter à rire s’il ne s’agissait pas de choses si graves. Il faut un certain culot pour prétendre que les familles qui vivaient là vivaient dans des taudis.
Mais calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose…
Mais qu’attendent tous ces donneurs de leçon pour appliquer la loi et loger les personnes qu’elles soient françaises ou étrangères dans des condition dignes au lieu de les envoyer à la rue ne leur laissant comme possibilité que d’aller dans des squats qui sont loin d’être des taudis comme ils, elles le prétendent ?
Le Code de l’Action Sociale et de la Famille stipule dans son article L 345-2-2 : Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence.
Cet hébergement d’urgence doit lui permettre, dans des conditions d’accueil conformes
à la dignité de la personne humaine, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l’hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale…
Le Conseil Départemental n’est pas en reste, il refuse de prendre en charge les femmes enceintes à quelques semaines de leur accouchement. La réponse est : « quand madame aura accouché l’assistante sociale du CHU fera une demande d’hébergement ». En attendant c’est la rue… ou bien un squat…
Pour rappel, en août, après avoir diminué de façon drastique les nuitées d’hôtel, la préfecture communique pour dire que seraient quand même logées dans le dispositif d’urgence les familles avec enfants de moins de 3 ans et celles ayant des problèmes de santé.
Mensonge ! La préfecture continue d’expulser des familles avec de très jeunes enfants, même quand certains ont des problèmes de santé. Mais pour elle, la rue est sûrement un lieu plus sécurisant pour ces familles à qui elle refuse un hébergement au nom de principes administratifs sans aucune humanité. C’est sûrement plus facile et plus sécurisant pour les enfants de dormir dehors et de faire leurs devoirs dans la rue et d’arriver à l’école encore transis de leur nuit passée à la belle étoile.
Quant aux propos de Joël BRUNEAU , Maire de Caen, il a vraiment la mémoire courte quand il déclare à Ouest-France(25/10/2018) : « Nous ne pouvons pas nous engager à laisser des gens vivre dans des taudis avec des risques sanitaires. Les élus n’ont pris aucun engagement. »
Il a oublié que lors de l’entrevue du 28 septembre 2016 avec les représentants d’associations  : ASTI 14, Confédération Syndicale des Familles, France Terre D’Asile, Ligue des Droits de l’Homme, Médecins du Monde, il a déclaré : «Je m’engage à ne pas demander le concours de la Force Publique tant qu’il n’y aura pas de relogement digne et pérenne pour ces familles.»
Déclaration faite en présence de deux de ses adjoints, son Directeur de cabinet, la Directrice du CCAS, le Directeur du cabinet du préfet de l’époque et le Responsable du logement et de l’hébergement de la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale).
Mais depuis l’eau a coulé sous les ponts et monsieur le maire oublie ses promesses….ou alors il a eu un moment d’égarement, à l’époque, mais personne ne l’a repris quand il a prononcé ces paroles… Et les représentants des associations l’ont cru…
Je suis indigné quand je vois des familles chassées des hébergements qu’elles ont occupés pour échapper à la vie dans la rue et que des bâtiments publics sont vides depuis des années voire des dizaines d’années : l’ancienne école des beaux-arts, rue de Geôle, l’ancienne caserne de Bretteville-sur-Odon-Carpiquet, les casernes de pompiers de la Folie-Couvrechef et de l’avenue du Canada et combien d’autres ?
Le Préfet du Calvados a-t-il oublié son pouvoir de réquisition ?
Je suis indigné par l’hypocrisie de la part des représentants de l’État et des élus qui raisonnent sur des chiffres, des arguments administratifs et des dossiers sans aucune humanité pour les personnes qui subissent les conséquences de leurs politiques xénophobes.
Patrick ARZ
Caen le 30/10/2018

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