Madrid : mort d’un vendeur de rue sénégalais sans-papier poursuivi par la police, manifestations et affrontements

Mame Mbaye était vendeur à la sauvette, sénégalais et sans papier. Poursuivi jeudi 15 mars, pendant 2 kilomètres, avec d’autres vendeurs de rue, par la police municipale madrilène, il s’est effondré suite à un arrêt cardiaque. La police, d’après des témoignages, semble avoir mis du temps à alerter les secours qui ne sont arrivés qu’au bout d’une demi-heure.

Des affrontements spontanés ont ensuite éclatés en soirée dans le quartier populaire central de Lavapiès. Une manifestation d’un millier de personnes a eu lieu le lendemain, avec là encore des incidents avec la police anti-émeute.

Nous relayons un communiqué de solidarité d’un collectif libertaire madrilène qui a été traduit par des camarades. Ce communiqué dénonce, entre autres, le harcélement dont sont l’objet les vendeurs-euses de rue immigré-e-s de la part de la police madrilène et des autorités municipales.

Communiqué contre le racisme institutionnel.

Solidarité avec Mame Mbaye

En tant que Regeneración (blog de contre-information), nous avons écrit ce communiqué pour nous solidariser suite à la mort de Mame Mbaye, un vendeur de rue, qui fuyait la persécution policière dans le centre de Madrid, dans le quartier populaire de Lavapiés. Nous voulons aussi nous positionner en soutien aux réponses spontanées ou organisées qui ont eu lieu depuis hier soir au cœur de la ville, qui sont l’expression du rejet du racisme institutionnel et des pratiques inhumaines.

(Le jeudi 15 mars) Dès le milieu de l’après-midi, la police municipale de Madrid a commencé à harceler un groupe de personnes à la Puerta del Sol, et les a poursuivi jusque dans les rues du quartier Lavapiés (à 2 kilomètres de là), en particulier dans la Calle del Oso où Mame Mbaye, un sénégalais qui travaillait à Madrid depuis 14 ans, est tombée au sol après avoir subi une crise cardiaque. Selon un autre vendeur de rue qui s’est arrêté pour le réanimer, la police les a détenus et a empêché Mame d’être correctement soigné par les services de santé pendant plus d’une demi-heure.

La réponse immédiate de tout le quartier et de nombreuses personnes solidaires, y compris une majorité racialisée, s’est exprimée en criant  » assassins  » à la police, après avoir constaté qu’aucun porte-parole municipal ne donnerait une réponse claire sur ce qui s’est passé. La colère grandissante s’est rapidement heurtée à la réaction de la police, qui décida d’assiéger le quartier et d’attaquer les gens réunis en les frappant avec leurs matraques et leur tirant dessus au flashball. Pas plus tard que ce matin (le 16 mars) dans le centre de la capitale (espagnole), un rassemblement spontané de dizaines de sénégalais protestant contre la mort de leur camarade a été dispersée par de brutales charges policières. La répression devrait également s’étendre cet après-midi avec l’organisation d’un nouveau rassemblement sur la Plaza de Lavapiés, qui sera un cri de rage contre la violence policière.

Le racisme institutionnel de la mairie de Madrid s’exprime depuis de nombreuses années par des ratonnades et descentes sur les vendeurs de rue, par le travail d’identification des immigrés ou leurs enfermements dans des centres de détention pour étrangers (en Espagne il s’agit des Centres d’Internements d’Etrangers (CIE)). Même si le racisme que beaucoup de gens ont dans leur imaginaire reste purement théorique (commentaires xénophobes ou attitudes discriminatoires particulières), le racisme est profondément enraciné dans notre société et propage une représentation criminelle qui induit des pratiques institutionnelles et dont les migrants sont les victimes.

La mort de Mame à cause de la persécution policière n’est pas un cas isolé, il ne peut pas s’expliquer par une « conjoncture », ni en tenant la victime pour responsable, comme beaucoup de gens finissent par le faire. Nous pensons qu’elle doit être analysée comme l’expression de toute une idéologie raciste mise en mouvement par la police municipale et la mairie de Madrid, malgré toutes leurs prétendues bonnes intentions. Leurs positions est clairement en faveur de la répression contre les immigrés, logique dénoncée à de nombreuses reprises par le « syndicat de manteros » (collectif de vendeurs de rues, principalement composé de sans-papiers), de sorte que la justice ne peut venir des mêmes institutions qui planifient ces politiques répressives. Si les camarades organisés en groupes d’immigrés sont clairs à ce sujet, nous les soutiendrons également dans tout ce qui est nécessaire pour que ces actions ne restent pas impunies.

Que la terre soit lumière pour toi, Mbaye. Tes camarades de classe ne t’oublient pas.

Communiqué extrait du blog d’actualités Regeneración Libertaria, traduit par des gens solidaires (https://www.regeneracionlibertaria.org/comunicado-contra-el-racismo-institucional-solidaridad-con-mame-mbaye)

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madrid

Spain Violent Protest

 

 

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