Tours : Contrôle arbitraire des mineurs étrangers, insuffisance du plan d’hébergement hivernal et manif de soutien aux migrant-e-s

Informations tirées du site d’information militantes de Tours « La Rotative » (https://larotative.info/).

Mineurs isolés : le contrôle arbitraire

du Conseil départemental d’Indre-et-Loire

Dans un article de La Nouvelle République (édition du 8/11/17) consacré à l’accueil des mineurs étrangers isolés, on en apprend plus sur la manière dont procèdent les services du Conseil départemental d’Indre-et-Loire [1]. C’est le directeur général des services de la collectivité qui raconte :

Dans la nuit de mercredi à jeudi, trois jeunes étrangers non accompagnés se sont présentés au commissariat. L’agent du conseil départemental d’astreinte se présente. Et établit après examen des papiers et de leur allure générale qu’ils ne sont pas mineurs. Le lendemain, ils se présentent à nouveau. Une autre personne du Département intervient. Considère, cette fois, que deux des jeunes sont réputés mineurs. « Un jugement diamétralement opposé, reconnaît Fabrice Perrin qui insiste : On essaye d’être à la hauteur malgré les difficultés. »

Ainsi, des jeunes sont livrés au jugement arbitraire de personnes qui, d’un coup d’œil, apprécient s’ils méritent ou non d’obtenir la protection à laquelle ils ont droit. Une autre forme de contrôle au faciès, qui laisse de nombreux mineurs à la rue.

Hébergement d’urgence : un dispositif

sous-dimensionné pour la période hivernale

Le dispositif d’accueil et d’hébergement d’urgence est renforcé par les autorités depuis le 1er novembre, et jusqu’au 31 mars. Mais le plan présenté par la préfecture d’Indre-et-Loire est insuffisant pour répondre aux besoins.

Le « plan hivernal » d’hébergement d’urgence, présenté sur le site de la préfecture, ne suffira pas à répondre aux besoins des personnes à la rue. Alors que, de l’aveu même des services concernés, le 115 enregistre une moyenne journalière de 70 refus d’hébergement au niveau départemental, le plan hivernal ne prévoit d’ouvrir que 35 places. C’est donc en connaissance de cause que la préfecture met en place un plan sous-dimensionné !

« Ouverture de deux accueils de nuit (total 35 places) dans la deuxième quinzaine de novembre. »
Extrait du document « Mobilisation du dispositif d’Accueil, d’Hébergement et d’Insertion ».

Les autorités prévoient d’augmenter temporairement leurs capacités d’hébergement, mais seulement en cas « d’événements climatiques exceptionnels ». Dans ces cas-là, entre 75 et 85 places supplémentaires pourraient être ouvertes dans des gymnases ou des locaux associatifs. En partenariat avec Météo France, et depuis leurs bureaux, les responsables du dispositif apprécieront s’il fait suffisamment froid pour que les personnes à la rue soient mises à l’abri…

Accueil des réfugiés : l’État, le Département et

l’office de l’immigration mis en cause

Deux cents personnes se sont réunies devant les grilles de la préfecture d’Indre-et-Loire ce samedi 2 décembre pour protester contre le traitement des réfugiés dans le département.

« Quand les pouvoirs publics bafouent les lois, s’insurger est un devoir civique ». C’est par ces mots que démarrait l’appel à rassemblement cosigné par plusieurs associations locales. Comme l’a rappelé un membre du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) d’Indre-et-Loire, à l’heure actuelle, « les pouvoirs publics font tout pour ne pas respecter leurs obligations légales : la loi n’est pas appliquée ». Trois institutions ont été directement mises en cause : le conseil départemental, la préfecture et l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII).

  • L’État et la préfecture, parce qu’ils refusent que certains réfugiés déposent leurs demandes d’asile en France. L’État se retranche derrière le règlement de Dublin, qui prévoit que la demande d’asile soit faite dans le premier pays européen traversé, et multiplie les expulsions.
  • Le conseil départemental, parce qu’il ne prend pas en charge les mineurs isolés étrangers à la mesure des besoins. De nombreux mineurs sont ainsi laissés à la rue.
  • L’OFII, parce qu’il n’héberge pas les demandeurs d’asile, contrairement à ce que prévoit la loi. De nombreuses personnes sont sans solution d’hébergement et doivent donc se tourner vers le SAMU social, alors qu’elles devraient être accueillies dans des Centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA).

Trois pétitions ont été déposées. Symboliquement, les personnes solidaires des exilés ont été invitées à apposer leur empreinte digitale sur une banderole de soutien.

 

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