Récit d’une rencontre à Ouistreham

Un récit concocté par quelques membres de l’AG Contre Toutes les Expulsions de Caen qui se sont rendu-e-s à Ouistreham pour y constater la condition déplorable faite aux migrants qui cherchent à passer en Angleterre à partir de ce petit port.

Vous pouvez télécharger ce récit en version maquettée, au format PDF, en cliquant sur le lien ci-dessous. N’hésitez pas à le diffuser sur vos réseaux sociaux.

temoignage-Ouistreham

Vous pouvez aussi le lire directement ci-dessous :

RÉCIT D’UNE RENCONTRE À OUISTREHAM

C’est une soirée d’août, de celle qui tranche radicalement des précédentes : le ciel est gris, le vent souffle en bourrasques, les températures ont baissé et l’air est humide. Nous sommes quelques un-e-s de l’Assemblée Générale de lutte contre toutes les expulsions à nous rendre à Ouistreham. La raison ? Prendre conscience des conditions de vie déplorables de ceux que les journaux et autres politiques appellent les « migrants », prendre contact avec eux et leur apporter notre soutien.

Lorsque nous arrivons à Ouistreham par la voie rapide, à peine passé-e-s le rond point qui mène à l’entrée de ville, nous croisons les regards de jeunes gens qui marchent le long de la route. On roule jusqu’au parking du marché aux poissons, c’est le dernier avant d’accéder à l’embarcadère du Ferry. Des voitures, pleines à craquer, y sont garées. Ce sont celles des anglais sur le retour. Les autres, ce sont celles de la gendarmerie, avec des hommes et des femmes en uniforme qui patrouillent. Ambiance sordide, devenue habituelle, les habitant-e-s de Ouistreham en semblent absent-e-s. On éprouve un certain malaise, pris-e-s dans cette scène, où certain-e-s s’affairent tranquillement en prévision de leur voyage, protégé-e-s par la bleusaille, et le souvenir de l’expression de ces visages croisés quelques minutes plus tôt. Ce n’est pas ici que nous rencontrerons ceux et celles à qui l’on refuse le droit de franchir une frontière : en l’occurrence, la Manche qui sépare la France de l’Angleterre.

On remonte en voiture, on retourne vers l’entrée de ville. Sur le parking des centres commerciaux, les voitures de gendarmerie patrouillent secondées par des vigiles privés, employés par les grandes enseignes. Un petit groupe d’entre nous entame alors la discussion avec une personne présente, un gendarme les interpelle et déclare : « il est interdit d’aider les migrants » et, avant de s’éloigner, photographie ces personnes qu’il considère sûrement comme « potentiellement solidaires ». Comment les forces de l’ordre réussissent-elles à distinguer les « migrants » des autres ? Depuis quand sont-elles en droit d’exercer un contrôle de nos agissements aussi rapproché ? N’a-t-on plus le droit d’entretenir une conversation avec qui bon nous semble ou de lui apporter notre soutien. Mais, aujourd’hui, qu’en est-il du délit de solidarité en France ? En tout cas, la politique menée à Ouistreham est claire : pas de « migrants » ici. Et pour cause, depuis l’expulsion de la « jungle » de Calais et le déplacement forcé de milliers de personnes vers les CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation), dispersés un peu partout en France, le port de Ouistreham s’est transformé en forteresse (déploiement policier sans précédent, installation d’un scanner pour les camions), les maraudes ont été interdites et la propagande fasciste s’installe.

Nous finissons par rencontrer ces jeunes hommes. Avec un anglais imparfait, nous échangeons. Ils fuient leur pays pour rejoindre l’Angleterre, terre de tous leurs espoirs. Embarquer sur le Ferry est leur priorité, alors les sacrifices ne se comptent plus. A Ouistreham, ils attendent, ils prennent des risques, ils tentent d’échapper aux patrouilles de gendarmerie, qui n’hésitent pas à les réveiller à coups de pieds chaque matin, leur confisquant ou brûlant sur place leurs effets personnels. Ils essaient ne pas perdre espoir malgré cette situation, acceptent la solidarité de ceux et celles qui les soutiennent en passant un peu de temps avec eux, en leur apportant de quoi manger, de quoi s’abriter du vent, de la pluie et bientôt du froid…

ORGANISONS-NOUS POUR SOUTENIR LES EXILÉ-E-S PRÉSENT-E-S A OUISTREHAM !

LIBERTÉ DE CIRCULATION, LIBERTÉ D’INSTALLATION

DES PAPIERS POUR TOU-TE-S OU PAS DE PAPIERS DU TOUT !

 

Rassemblement Jeudi 14 septembre, 14h00 au Tribunal Administratif de Caen (3, rue Arthur le Duc)

En soutien au squat, situé sur la presqu’île de Caen, menacé d’expulsion.

Une soixantaine de soudanais y vivent actuellement, sans autre solution d’hébergement.

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LUTTE CONTRE TOUTES LES EXPULSIONS

Une Assemblée Générale, ouverte à tou-te-s, se tient chaque vendredi soir à 19h00, envoyez-nous un mail à ag-contre-expulsions@laposte.net pour être tenu-e-s informé-e-s et ajouté-e-s à la liste de diffusion ;

Site Internet : agcontrelesexpulsions.wordpress.com ; Soutien financier : Chèque à l’ordre de « Solidarité Migrants Calvados »,  16 allée de l’Angle, 14200 Hérouville Saint Clair

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